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Soutenance de thèse de Sarah Abel - Vendredi 16 décembre 2016 à 9h00

EHESS (Salle du Conseil B) - 190-198 avenue de France, 75013 Paris

par Nathalie Collain - 13 décembre 2016

Le Centre international de recherches sur les esclavages (CIRESC) a le plaisir de vous annoncer que

Sarah Abel

soutiendra sa thèse de doctorat intitulée,

“The Power of Knowing…” On the Scientific Construction and Social Uses of DNA Ancestry Tests in Two Post-Slavery Societies : Brazil and the USA

Vendredi 16 décembre 2016 - 9h00

EHESS (Salle du Conseil B) - 190-198 avenue de France, 75013 Paris

Devant le jury composé de :

Mme Myriam Cottias, CNRS (directrice de thèse)

Mme Véronique Boyer, CNRS (comité de thèse)

M. Peter Fry, Universidade Federal do Rio de Janeiro

Mme Odile Hoffmann, Université Paris Diderot (comité de thèse)

Mme Fatimah Jackson, Howard University in Washington, D.C

M. Hannes Schroeder, University of Copenhagen

M. François Weil, EHESS

Résumé

Cette thèse offre une perspective anthropologique sur les usages contemporains des tests ADN d’ancestralité. En particulier, elle se concentre sur les usages sociaux de ces dispositifs par les individus et populations afro-descendants dans deux sociétés post-esclavagistes : le Brésil et les États-Unis. L’étude cherche à analyser et à déconstruire l’aura de puissance souvent attaché à ces produits, qui sont représentées, tour à tour, comme une clé pour révéler de vérités cachées sur nos identités raciales et ethniques, comme un remède pour les préjugés raciaux, et même, pour les descendants d’esclaves africains, comme un moyen symbolique de « renverser le Passage du Milieu ». L’analyse est organisée en trois chapitres, correspondant aux trois échelles sociales sur lesquelles les données d’ancestralité génétique sont construites, circulées, et interprétées. Le premier chapitre se centre sur deux études de cas qui démontrent la façon dont ces technologies ont été présentées au grand public dans les deux pays, à travers des représentations médiatiques dans lesquelles les données génétiques s’entremêlent avec des anciens et des nouveaux discours sur la race, l’ethnicité, et la nation. Le deuxième chapitre examine, à partir d’entretiens avec des scientifiques, les manières dont les tests sont construits dans certains laboratoires commerciaux et académiques. L’analyse révèle les divers intérêts économiques, les inquiétudes éthiques, et les conceptualisations plurielles de la « diversité » humaine. Le dernier chapitre analyse la façon dont les tests d’ancestralité sont utilisés actuellement par le grand public, afin d’évaluer les éventuels impacts personnels et sociaux de ces pratiques. La discussion porte sur les questions de comment et à quel point les discours nationaux de la race sont reproduits ou mis en question par les utilisateurs de tests et ses interlocuteurs, et dans quelle mesure la disponibilité des outils génétiques risque de changer les pratiques généalogiques contemporaines, particulièrement en ce qui concerne l’éclaircissement des histoires familiales traversées par l’esclavage.

Mots clés : ADN, ancestralité, esclavage, Brésil, États-Unis, race, ethnicité, pouvoir

Summary This thesis offers a social anthropological perspective on the contemporary phenomenon of DNA ancestry testing, focusing on the social uses of these new technologies by African-descendant individuals in two post-slavery societies : Brazil and the USA. In particular, the research seeks to analyse and deconstruct the aura of power that is often associated with these products, which today are portrayed, variously, as the key to discovering hidden truths about our racial and ethnic identities, as a potential cure for racial prejudice, and even – for the descendants of enslaved Africans – as a means to symbolically “reverse the Middle Passage”. The analysis is divided into three chapters, corresponding to three societal scales on which DNA ancestry data are constructed, circulated, and interpreted. The first chapter focuses on two case studies that exemplify how these technologies have been presented publicly in both countries, through media portrayals that interweave genetic data with old and new narratives of race, ethnicity, and nationhood. The second chapter draws upon interviews with scientists to explore how tests are constructed in particular commercial and research laboratories, in ways that reflect differing economic interests, ethical concerns, and divergent ways of conceptualising human “diversity”. The final chapter examines how DNA ancestry tests are being used by members of the public, in an attempt to assess the personal and wider societal impacts of these practices. Here, the discussion revolves around how and to what extent national discourses of race are being reproduced, challenged, or negotiated by test-takers and their interlocutors, and in what ways the availability of genetic tools may be changing contemporary genealogical practices, particularly with regards to shedding light upon family histories of slavery.

Keywords : DNA, ancestry, slavery, Brazil, USA, race, ethnicity, power