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Séance du séminaire « Esclavage et post-esclavage : histoires, mobilisations et images dans le monde atlantique (XIXe -XXIe siècle) »

8 décembre 2017

par Myriam Cottias - 5 décembre

La prochaine séance du séminaire « Esclavage et post-esclavage : histoires, mobilisations et images dans le monde atlantique (XIXe-XXIe siècle) » se déroulera :

Vendredi 8 décembre 2017, de 15h00 à 18h00, salle 4 (EHESS, 105 bd Raspail 75006)

Nous aurons le plaisir de recevoir :

Clément Thibaud (EHESS) qui nous présentera son ouvrage Libérer le nouveau monde. La fondation des premières républiques hispaniques. Colombie et Venezuela (1780-1820)

et

Romy Sanchez (université de Caen) qui nous présentera sa recherche : L’exil, une sortie de l’esclavage ? Couleurs, catégories raciales et anti-abolitionnisme dans le séparatisme cubain hors de l’île, 1840-1880

​Présentation :

Libérer le nouveau monde. La fondation des premières républiques hispaniques. Colombie et Venezuela (1780-1820) (Édition : Les Perséides, 2017).

Pourquoi les premières républiques du monde hispanique sont-elles nées, au nord de l’Amérique du Sud, entre Caracas, Carthagène-des-Indes et Bogotá ? Comment, à l’aube du XIXe siècle, expliquer le surgissement précoce du régime de l’égalité civile au sein de sociétés organisées par les hiérarchies du statut et de la race ? Que doivent ces nouvelles républiques aux révoltes et aux révolutions de la Caraïbe française ou néerlandaise ? Comment « régénérer » un « peuple esclave » en une nation émancipée, et transformer Indiens, métis et libres de couleur en citoyens ? Les révolutions de Terre-Ferme forment un pan oublié de l’histoire du républicanisme moderne. Elles voulurent faire d’une société coloniale un peuple d’égaux devant la loi, détruire le principe de la « pureté de sang », abolir la noblesse, sans guère toucher à l’esclavage. Ces guerres d’indépendance furent le fer de lance politique et militaire de l’émancipation de l’Amérique du Sud. Leurs cohortes combattirent jusqu’à Potosí et Bolívar convoqua un congrès à Panamá dans le but de fédérer les jeunes nations américaines. L’idée républicaine s’est aussi construite loin de Philadelphie et de Paris, avec le soutien des « gens de couleur ». Ces premiers États sans roi de l’Amérique latine s’inscrivent, de plein droit, dans la séquence des révolutions atlantiques, contribuant ainsi à redessiner la carte politique du monde contemporain.

L’exil, une sortie de l’esclavage ? Couleurs, catégories raciales et anti-abolitionnisme dans le séparatisme cubain hors de l’île, 1840-1880.

Au milieu du XIXe siècle, Cuba est à contre-courant d’une partie notable de ses territoires voisins : ni indépendante, ni abolitionniste, l’île fidèle à la Couronne espagnole est, avec le Brésil et Porto Rico, l’une des championnes de la traite illégale. Le boom sucrier se nourrit du trafic négrier décrié entre autres par les Britanniques, mais toléré par beaucoup d’autres, à commencer par les États-Unis. Pourtant, ces années centrales du XIXe siècle sont aussi le temps de contestations politiques de l’élite créole considérée comme blanche de l’île, qui réclame une représentation politique aux Cortes d’Espagne. Certains quittent Cuba pour s’exiler aux États-Unis, en Europe ou en Amérique Latine et y militent pour une Cuba libre, rarement à l’unisson. Que devient la question de l’esclavage en exil ? Les exilés sont-ils tous considérés comme blancs ? Comment les affranchis et les noirs libres s’insèrent-ils dans ce mouvement de contestation à l’étranger ? Cette présentation tente d’analyser la généalogie de la « nation pour tous et pour le bien de tous » que voulut José Martí dans les années 1890, en éclairant l’exclusion des supposés « non-blancs » de ce processus politique antérieur.