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Les traites et les esclavages. Perspectives historiques et contemporaines – n° 1

décembre 2010

par CIRESC rédaction - 2 janvier 2011

Un ouvrage publié sous la direction de Myriam Cottias, Elisabeth Cunin & Antόnio de Almeida Mendes



Collection "Esclavages"

ISBN : 978-2-8111-0422-1

396 pages, 32 €

Retrouvez l’ouvrage sur le site de Karthala.


À la croisée d’éléments politiques (comme le débat sur la colonisation et la décolonisation) et de demandes sociales autour des questions coloniales et la mémoire de l’esclavage, en 2006, pour la première fois depuis plus de vingt ans, un débat universitaire et citoyen s’est engagé dans l’espace francophone, animé par le Centre International de Recherches sur les Esclavages. Placer l’histoire de l’esclavage au centre des discussions sur la mémoire, sur les différentes constructions étatiques et nationales ; déconstruire les généalogies multiples et complexes entre esclavage, représentations et identités diasporiques ; construire ces différents champs comme lieux scientifiques hors de toutes connotations morales de “repentance”, voilà les principaux positionnements des chercheurs qui présentent ici leurs travaux.

Myriam Cottias , directrice de recherche au CNRS (CRPLC, Université des Antilles et de la Guyane), historienne du fait colonial. Elle dirige le Centre international de recherches sur les Esclavages (GDRI du CNRS).

Élisabeth Cunin , chargée de recherche à l’IRD, sociologue, travaille sur les dynamiques ethniques et raciales en Amérique latine (Colombie, Mexique, Belize).

António de Almeida Mendes , maître de conférences à l’université de Nantes, historien spécialiste de l’histoire des traites et de l’esclavage ibériques.




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Les échos du livre



Un livre commis pour « contrebalancer » le déséquilibre scientifique entre recherches anglophone et francophone


Source : Aps.sn

Le livre ‘‘Les traites et les esclavages. Perspectives historiques et contemporaines’’, paru chez Karthala, est, selon un de ses auteurs Paul E. Lovejoy, ‘’une contribution majeure pour tenter de contrebalancer’’ le déséquilibre scientifique entre les publications en anglais et celles en français.

‘‘Bien qu’il existe une littérature en pleine expansion en portugais, en particulier au Brésil, ainsi qu’en espagnol, la plus grande partie de cette abondante production scientifique a été publiée en anglais’’, constate Lovejoy dans la préface de son livre.

Ce professeur au département d’histoire de l’Université de New York relève que ‘‘malgré l’apport essentiel des ‘Cahiers des anneaux de la mémoire’, la recherche en français est restée marginale’’.

Fruit d’un ‘‘travail collectif mené au sein du Centre international de recherche sur les esclavages’’, ce livre ‘‘combine […] des approches historiques et archéologiques avec des analyses plus contemporaines (anthropologiques, sociologiques, géographiques, littéraires)’’.

Il a été réalisé sous la direction de Myriam Cottias, directrice du Centre national de recherche scientifique (CNRS), d’Elisabeth Cunin, chargée de recherche à l’Institut de recherche pour le développement (IRD) et d’Antonio de Almeida Mendes, maître de conférence à l’Université de Nantes, en France.

Dans l’introduction, ces derniers précisent que le livre ‘‘s’intéresse à l’espace transatlantique, mais aussi à l’Afrique, l’océan Indien et l’Europe’’ et ‘‘ne cherche donc pas à donner une vision homogène et consensuelle de cette problématique, ni même à produire une synthèse sur la question des esclavages et des traites’’.

D’après eux, ‘‘ce livre est avant tout polyphonique et souhaite rendre compte de la diversité – en termes de thématique, d’aire géographique, d’époque étudiée, d’angle d’analyse – des travaux contemporains en France et dans le monde francophone’’.

‘‘Il fait appel à des chercheurs ayant contribué à la fondation ou à la reconnaissance de ce champ d’études tout autant qu’à de jeunes chercheurs en cours de thèse ou venant de l’achever et apportant un regard nouveau’’, poursuivent-ils, soulignant qu’‘‘il repose sur des textes donnant une vision d’ensemble d’une thématique aussi bien que les résultats de recherches individuelles sur des objets très précis’’.

‘‘Telle est l’ambition de cet ouvrage : montrer la multiplicité des approches tout en identifiant des problématiques fortes, accepter la complexité des processus sociaux étudiés tout en dégageant un cadre interprétatif possible’’, écrivent-ils encore.

Aussi ont-ils tenu à préciser qu’il ne s’agissait pas de ‘‘faire un bilan exhaustif, par aire géographique, par époque ou même en reprenant les thématiques généralement associées à l’esclavage’’.

‘‘[…] Nous avons voulons montrer avant tout les grandes avancées de la recherche francophone et mettre en lumière de nouvelles pistes de recherche qui se dégagent actuellement’’.

Précisant que ‘‘l’ouvrage suit une présentation originale et dynamique’’, les chercheurs affirment qu’ils souhaitent ‘‘ainsi échapper aux représentations trop souvent associées à l’esclavage […] renvoyant à un système économique obsolète et faisant des esclaves des sujets passifs, d’éternelles victimes, ancrés dans le passé’’.

Ils disent aussi vouloir, à travers cet ouvrage, ‘‘rappeler à quel point l’esclavage pose des questions spécifiques, certes, mais qui concernent avant tout les dynamiques sociales dans leur ensemble’’.

‘‘L’approche retenue ici privilégie donc une logique dynamique, donnant un rôle central aux acteurs, au premier rang desquels se trouvent les esclaves eux-mêmes […]. Elle considère également que les esclavages et les traites participent de la construction de la modernité […], en associant l’histoire de l’Occident avec celle de l’esclavage’’, expliquent les auteurs.

Cette approche du livre ‘‘insiste sur les +conséquences+’’ de l’esclavage et des traites dans la formation des sociétés contemporaines, en termes de +mémoire+, mais aussi en raison de l’établissement de rapports sociaux de +race+ et de processus de racisation’’.

Dans la postface de l’ouvrage, l’historien sénégalais Ibrahima Thioub note que ‘‘l’examen’’ de l’historiographie africaine de l’esclavage et des traites ‘‘met en évidence un paradoxe intéressant : l’importance des traites esclavagistes et de l’esclavage dans l’histoire et l’actualité des sociétés africaines et le silence de la recherche africaine sur cet objet et sa focalisation sur la traite atlantique’’.


Extrait de "La Recherche", 10 mai 2011


Le 10 mai n’est pas seulement la date anniversaire de l’arrivée au pouvoir de la gauche en France sous le régime de la Ve République. Depuis 2004 et le choix du Comité pour la mémoire de l’esclavage présidé par l’écrivaine Maryse Condé, il désigne aussi la journée commémorative du souvenir de l’esclavage, des traites et de l’abolition. Le 10 mai 2001 en effet était votée la loi dite Taubira faisant de la traite et des esclavages un crime contre l’humanité.

Au-delà de la mémoire, il y a la recherche et celle que proposent notamment Myriam Cottias, Elisabeth Cunin et António de Almeida Mendes dans l’ouvrage collectif, Les traites et les esclavages (préface de Paul E. Lovejoy, postface d’Ibrahima Thioub, Karthala et CIRESC, coll. « Esclavages », 394 p., 32 €). Née de l’association entre un éditeur et le Centre international de recherches sur les esclavages du CNRS, la collection qui l’édite se veut une proclamation critique, méthodologique, civique, pour un domaine d’étude souvent saturé de mémoires et de conflits mémoriels.

En combinant « des approches historiques et archéologiques avec des analyses plus contemporaines (anthropologiques, sociologiques, géographiques, littéraires) », en s’intéressant « à l’espace transatlantique, mais aussi à l’Afrique, l’océan indien et l’Europe », ce livre ambitieux « ne cherche donc pas à donner une vision homogène et consensuelle de cette problématique, ni même à produire une synthèse sur la question des esclavages et des traites ; ce livre est avant tout polyphonique et souhaite rendre compte de la diversité – en termes de thématique, d’aire géographique, d’époque étudiée, d’angle d’analyse – des travaux contemporains en France et dans le monde francophone ».

Un ouvrage important, nécessaire, base de nouvelles recherches et de la diffusion des savoirs dans les sociétés francophones contemporaines.

Vincent Duclert http://larecherche.typepad.fr/


New West Indian Guide


Extrait de « Bookshelf 2010 » par Richard Price & Sally Price, NWIG 85(1/2), 2011

Les traites et les esclavages : Perspectives historiques et contemporaines, edited by Myriam Cottias, Elisabeth Cunin & António Almeida Mendes (Paris : Karthala, 2010, paper 32.00€) is the first in a new series of Karthala books entitled “Esclavages,” under the direction of Myriam Cottias. Two dozen brief chapters highlight recent Francophone research in this domain and its embeddedness in contemporary French politics. Historically underdeveloped compared to studies in other countries that were marked by slavery and the slave trade, French research is now in a period of growth, and this volume, based on a conference attended by 300 people in 2006, is probably the best single starting point for readers to get a sense of these developments. The introduction as well as many chapters of the book make it clear that, for this new generation of French scholars, current politics (particularly government policies about immigration and national identity) are closely tied to broadening the population’s understandings of the Atlantic slave trade and its legacies.